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classique

La Chauve-Souris (Strauss)

La Chauve-Souris (Strauss) (2023)
Créé en 1874, ce classique de l’opérette viennoise s’inspire d’une pièce des célèbres collaborateurs de Jacques Offenbach. La musique de Johann Strauss dessine de savoureux portraits, dans un jeu de masques où le champagne est élevé au rang de roi.


La Chauve-Souris
reflète à sa création une bourgeoisie aux certitudes vacillantes. Chacun ment pour préserver sa part d’illusion, dans une mécanique effrénée anticipant le théâtre de Feydeau. La fête d’Orlofsky répond ainsi à une nécessité de fuite du réel, où toutes les barrières sociales sont abolies. À la manière des ouvrages d’Offenbach tournant en dérision, à la même époque, l’hypocrisie du Second Empire, cette opérette caricature l’ordre établi en un réjouissant jeu de miroirs. C’est ainsi que telle la Périchole, « un peu grise » pendant son mariage arrangé face à deux notaires marchant de travers, Eisenstein s’enivre avec le directeur de la prison où il doit passer cinq jours. Dans un tourbillon festif, le prince incite ses convives à tous les excès en restant eux-mêmes malgré le masque, « chacun à son goût », la servante Adèle se rêve actrice dans le costume de sa maîtresse alors que Rosalinde, déguisée en comtesse hongroise, éprouve la fidélité de son mari qui la courtise, travesti en marquis. Personne ne parvient à rester à sa place mais la musique de Johann Strauss illumine ce joyeux désordre, atteignant une fragile réconciliation sur l’ensemble « Brüderlein und Schwesterlein », dans une enfance retrouvée, qui voit jaillir la chauve-souris d’une autre nuit d’ivresse.

Publié le 13/07/2023